Stratégie Mindset & Psychologie

Une attitude professionnelle

einstellung

Introduction

Dans cet article

  • L'excuse du downswing
  • Le principe de popstars
  • 4 façons de devenir un meilleur joueur

Tout joueur de poker a besoin d'une approche professionnelle, afin de réussir. Malheureusement, c'est une des qualités sous-estimées par beaucoup. Le talent ne vaut pas grand chose si on n'arrive pas à avoir une discipline professionnelle concernant la lecture, l'apprentissage, et l'optimisation de ses propres facultés.

Pour commencer, le plus important : afin de réussir aux limites moyennes après avoir battu les petites, il vous faut prendre conscience d'une chose : à ce point de votre carrière, vous n'êtes pas encore un joueur de poker particulièrement bon. C'est malheureusement dans ce constat qu'échouent déjà bon nombre de joueurs, ce qui fait que leur carrière s'arrête avant même d'avoir vraiment commencé.

L'excuse du downswing

Afin de jouer au poker d'une façon un tant soit peu rentable, il vous faut être bien conscient d'une chose : il vous faut vous débarrasser de l'excuse des downswings !

Vous devriez bien garder cela en tête :

Au poker, il n'y a pas de downswing - il n'y a que des mains mal jouées.

Je vois d'ici tous les Ivey en herbe crier au scandale. Tous les Sklanksy et Greenstein de ce monde auraient donc tort ?

Nous autres, humains, avons tous cette fâcheuse tendance à toujours nous trouver des excuses, et à en inventer si nous n'en avons aucune de valable sous la main. Nous avons toujours une bonne porte de sortie pour justifier notre malchance, notre comportement ou nos erreurs commises. Nous y recourons à longueur de temps, que ce soit au travail, dans la vie privée, en jouant ou en faisant du sport.

"L'amour de ma vie m'a laissée en plan, pour aller se vautrer dans les bras d'un autre" C'est bien plus agréable de se poser en victime que de se dire que, peut-être, on a une grande part de responsabilité dans cet état de chose. Si, par exemple, on a passé ses soirées à aller jouer au billard avec des potes, ou devant l'ordinateur, plutôt que de s'occuper de sa copine, qui est finalement allé chercher ailleurs ce qu'on ne voulait pas lui offrir.

Ou encore, lorsqu'un collègue obtient une promotion que l'on estimait nous revenir. Mais ici aussi, on oublie volontiers la réalité : le collègue en question est largement plus impliqué dans l'entreprise, n'hésite pas à faire des heures supplémentaires, tandis que nous préférons nous faire porter pâle au moindre petit rhume.

On voit cela également tous les week end, à la fin d'une journée de championnat de football. Les vaincus mettent presque constamment la responsabilité de leur défaite au mauvais arbitrage.

Comme vous le voyez, l'homme ne connaît pas de limite quand il s'agit de trouver des excuses pour expliquer son propre échec.

Ce comportement n'est rien d'autre qu'un mécanisme de défense, de la même façon que nous fermons les yeux lorsqu'un objet s'approche (espérons juste qu'il s'agisse plus souvent d'une mouche que d'un poing). Nous protégeons ainsi également notre ego. Les exemples indiqués ci-dessus sont donc des mécanismes de défense, une sorte de muraille, qui a pour but de défendre l'estime de soi.

Et, si vous êtes honnête envers vous-même, vous savez que vous avez déjà fait usage, à plusieurs reprises, de ce mécanisme de défense.

Face à des critiques sur notre comportement ou notre personne, nous avons très vite tendance à nous retrancher derrière l'idée que c'est notre interlocuteur qui a tort. Il nous est très difficile de réfléchir et de se dire qu'il a peut-être raison. On en arrive même la plupart du temps à se défendre au moyen d'argument qui n'ont rien à voir dans le débat :

"Parfois je te trouve un peu arrogant !"

Réponse : "Moi, arrogant ? Je ne m'abaisse pas à ton niveau, moi !"

Au lieu de réfléchir à la critique qui nous est adressée, et qui est peut-être justifiée, on préfère passer à l'offensive, afin de ne pas se laisser pousser dans les cordes.

Qu'est-ce que cela a à voir avec le poker ?

La réponse est très simple : Les situations évoquées plus haut, que l'on rencontre fréquemment dans la vie de tous les jours, vont tôt ou tard être fatales à votre bankroll.

Le problème est que la plupart des livres et articles sur le poker présentent, sur un plateau d'argent, la meilleure des excuses : les downswings, ou badbeats. Et sitôt qu'un débutant a lu les articles et chapitres dédiés à ce phénomène, il a une excuse toute choisie qui va pouvoir l'accompagner tout au long de sa carrière (à moins, bien sûr, d'avoir lu et compris le présent article).

N'est-il pas plus facile de parler de downswing ou de bad beat, plutôt que de réfléchir à ce qu'on pourrait avoir fait de mal en jouant telle main, que l'on vient de perdre ?

N'est-il pas plus simple de dire que l'on vient de se prendre un badbeat plutôt que de revoir la main au calme, de la poster dans le forum, afin de la soumettre aux analystes ?

Bien entendu, cela signifie plus de travail, mais il n'y a que comme ça que vous pourrez réussir au poker !

Le plus amusant dans l'affaire, c'est lorsque ces joueurs, qui, selon leurs dires, semblent être emprisonnés dans un interminable downswing, se prennent vraiment un gros badbeat, où leur couleur se fait battre par un full sur la river avec 72o. Lorsque c'est le cas, alors, c'est la main qu'ils choisissent de poster dans le forum (au lieu d'une des 100 mains jouées précédemment, qui ont un réel intérêt) afin de récolter l'empathie qu'il mérite !

Les autres mains, où ils ont perdu quelques BB au moyen de call stupide, ou d'une relance incongrue, sont, elles, soigneusement passées sous silence.

Ne serait-ce pas plus intelligent et intéressant d'analyser ses mains après une session, pour se rendre compte que ce sont les erreurs qui sont véritablement responsables des pertes que l'on a encaissées ?

Une des phrases qu'on lit bien souvent chez les débutants : "...je sais que j'ai quelques leaks ici et là...“

Lorsqu'on lit une telle phrase, alors on doit partir du principe que la personne en question joue avec un degré de perfection de 70-80 %. Le "ici et là" ne veut tout de même pas dire que la personne a plus de 30 % de leaks !

Dans son livre "Ace on The River" Barry Greenstein déclare qu'il fait environ 10 % de mauvais calls/raises/folds à chaque session de poker. Dans ce cas, on ne peut que féliciter notre compère ci-dessus, car, il n'est qu'à 10-20% du niveau de Barry Greenstein. On se demande d'ailleurs bien pourquoi il ne joue pas encore aux mêmes limites.

Il existe cependant un groupe de joueurs pour qui la situation ci-dessus correspond. Il s'agit des joueurs qui ont vécu un certain nombre de upswing et quasiment aucun downswing au début de leur carrière. Ils battent les limites à un vitesse effrénée, avec des winrates impressionnantes, et arrivent vite en NL50, ou FL 1/2 $, voire plus.

Apparemment, ils n'ont donc aucune raison de douter de leurs capacités. Il serait complètement absurde de partir du principe qu'ils ne savent pas jouer au poker (note de l'auteur : c'est d'ailleurs également comme ça que j'ai moi-même débuté ma carrière).

Mais, soudain, la dure loi du poker réclame son dû, et le joueur en question subit son premier gros downswing. Il s'agit d'ailleurs rarement d'un véritable downswing, mais plutôt du fait que le joueur n'a pas le niveau, et que, vue les limites auxquelles il se trouve, ces pertes soudaines font très mal. Il perd une grosse partie de sa bankroll sur quelques centaines de main, ce qui est extrêmement pénible psychologiquement.

C'est alors que certains joueurs rentrent dans une logique pour le moins intéressante (l'exemple ci-dessous s'adresse aux joueurs Fixed Limit, mais il est également valable pour les joueurs NL ou SNG, avec d'autres valeurs)

  • Thèse 1 : Sur environ 20.000 mains, j'ai une winrate de +1,5 BB/100.
  • Thèse 2 : Les Winning players ont une winrate de +1BB/100.
  • Conclusion : Je suis un winning player.

D'où :

  • Thèse 1: Je sais qu'un winning player peut avoir des downswing de 200 BB ou plus.
  • Thèse 2: Je suis un winning player, comme démontré auparavant.
  • Conclusion : mes pertes d'environ 150 BB résultent donc d'un downswing. Rien de bien inquiétant, je peux donc continuer à jouer comme avant, et ma chance finira par revenir.

Malheureusement, il est rare que les joueurs soient en mesure de voir la réalité, il choisit la facilité et se réfugie derrière l'excuse du downswing.

Je tiens ici à citer une célèbre maxime de Thomas Jefferson : "Je crois à la chance, et je m'aperçois que, plus je travaille dur, plus j'en ai."

Mais revenons à l'affirmation du début de ce chapitre : il n'y a pas de downswing au poker. Prenons un exemple pour illustrer ceci : un membre de ma famille est souffleur de verre. Dans son entreprise, ils créent un type particulier de verre. En soufflerie de verre, il arrive régulièrement que, malgré un processus de fabrication toujours identique, le verre se fende, et devienne inutilisable. Et pourtant, plus un souffleur est experinenté, moins il est vraisemblable que cela arrive.

Admettons que cette entreprise compte un apprenti qui, tôt ou tard, pourra travailler ce verre. La première fois qu'il souffle, il échoue, et le verre finit à la poubelle. Quelle est, selon vous, la probabilité que ce soit dû à l'incompétence (momentanée) du débutant, et quelle est la probabilité que ce soit plutôt dû à la réalité selon laquelle il arrive, de temps en temps, que le verre se fende, indépendamment du degré de professionnalité et d'expérience du souffleur ?

Ce que je veux dire ici c'est que, pour un débutant qui essuie de grosses pertes au poker, il est nettement plus probable que ce soit dû à des erreurs de sa part qu'à un véritable downswing.

Au poker, il y a deux façons de mesurer son succès :

  • La qualité des mains postées. Admettons que joueur A se mette à jouer au poker et poste 20 mains à la fin de chaque session. Avec le temps, on pourrait voir que les mains postées s'améliorent, et que de moins en moins d'entre elles présentent des erreurs. Le degré de succés est donc déterminé par la vitesse et la force d'amélioration de la qualité des mains postées.

  • L'argent, la winrate : Plus on joue de mains sur une limite donnée, plus notre winrate exprime notre qualité de joueur, exprimée généralement en x BB/100.

Au début d'une carrière de poker, la méthode n'a que peu d'intérêt. Peu importe votre winrate sur 3000, 4000 ou 8000 mains, ces indications ne seront que rarement fiables. C'est donc la méthode 1 qui s'y prête le mieux au début.

Ce que l'on peut faire pour améliorer son jeu est expliqué dans les parties 2 et 3 de cet article. Pour finir, je tiens à rappeler aux débutants le contenu de ce chapitre : les downswings en début de carrière sont bien plus souvent le résultat d'un jeu erroné que d'un manque de chance.

C'est pourquoi, au terme d'une session où on a encaissé des pertes, il vaut mieux partir du principe que l'on a pas bien joué, et investir plus de temps dans l'apprentissage et l'entraînement.

Le principe Popstars

Commençons par une petite histoire : Un soir quelconque, au terme d'une session intense, je décide d'aller me vider la tête en regardant une émission un peu débile, à la télévision. Et il se trouve que les chaînes privées offrent régulièrement ce genre d'émission, sous forme de castings, de type Popstars ou autre "nouvelle star".

L'intérêt d'un show tel que popstars, outre celui de divertir un spectateur fatigué, est de donner à des artistes en herbe, la possibilité de mettre leur talent à l'épreuve et de sortir du lot des candidats.

Au fur et à mesure que je regarde cette émission, je me demande de plus en plus sur quels critères le jury décide de choisir les participants qui formeront le groupe final.

Certes, à la télévision, il ne faut pas croire tout ce que l'on voit, mais on s'aperçoit assez vite d'une certaine tendance dans ces émissions, qui est de plus en plus le reflet de ce qui se fait dans l'ensemble de la musique pop, et qui correspond assez bien aux exigences du poker. Comme vous pouvez sans doute vous y attendre, ce n'est pas tant le talent ou la voix qui sont primordiaux, afin de façonner un groupe de "Popstars", mais des choses tout autres.

Imaginez qu'il vous incombe à vous, de former un groupe de popstars, que vous devez rendre le plus populaire possible (sans considération de votre musical goût personnel). Quel serait votre premier critère ?

La voix ? C'est ce qui semble évident, mais à l'heure actuelle, les avancées techniques dans le domaine sont telles, que l'on peut corriger grand nombre de lacunes à ce niveau, aussi bien en studio que durant les apparitions live.

Le physique ? Bien sûr, cela aide d'avoir une belle popstar, mais ici aussi, le maquillage, le styling, voire même un peu de chirurgie offrent une grosse palette de possibilité permettant de gommer les "disgrâces". De sorte que ce point non plus n'est pas le plus important.

Les qualités de danseurs ? Certes, avoir deux pieds gauches ne facilite pas une carrière de popstars, mais bon nombre de stars s'entourent de coach et de choréographes, qui, au terme d'entraînement acharné font d'eux des danseurs au moins potables.

Et nous voilà arrivés précisément au critère primordial. Car, pour réaliser ce dernier point, les "poulains" ont surtout besoin d'une chose : la disposition à apprendre et se laisser façonner! Ils doivent être prêts à tout faire pour réussir.

Comme évoqué auparavant, en tant que producteur, vous disposez d'une palette de possibilités, dont l'efficacité à été prouvée par le passé, pour promouvoir votre stars : Showcase, sessions d'autogrammes, des coachings, ateliers, ainsi que des heures et des heures de studio.

La seule chose dont vous ne pouvez être sur est : ma popstar va-t-elle accepter de faire tout ce que j'exige d'elle ? Et aura-t-elle l'endurance nécessaire à réaliser tout cela ?

Bien sûr, en tant que producteur vous chercheriez quelqu'un combinant un artiste de talent avec une voix parfaite et une grosse disposition à tout faire. Mais, en étant réaliste, vous savez que rare sont ceux qui réunissent tout cela, et vous devez donc vous fixer une liste de priorités.

Et sur celle liste est écrit Il est possible de compenser le manque de talent par une disposition à travailler dur, mais il est impossible de compenser l'absence de disposition à travailler dur par du talent.

En gros : La plus belle voix du monde ne vaut rien si son possesseur n'est pas prêt à s'investir pour réussir. Et, qu'on le veuille ou non, il en va de même au poker.

Il n'y a pas besoin de réinventer la roue. Le contenu traitant des différentes façons de jouer, et d'aborder telle ou telle situation existe déjà, que ce soit sur PokerStrategy ou ailleurs. Et, non seulement il existe déjà, mais des milliers de personnes l'utilisent avec succès. Mais à quoi sert d'avoir accès à tout cela si on n'est pas prêt à s'y plonger ?

Bien sûr, il est bon d'avoir des connaissances mathématiques solides. D'un autre côté, il y a bon nombre de tables et autres, dont on peut aisément comprendre l'idée et le fonctionnement. Pas la peine d'être Albert Einstein pour cela.

Pareillement, c'est une bonne chose de savoir rester calme et supporter les downswings et bad beats sans sourciller. Mais cela ne fait pas de vous un winning player.

Si vous avez des talents de lectures de la structure du tableau, et pouvez l'analyser correctement dès le début, cela vous procure certes un avantage. Mais avec un peu de volonté et de travail, on peut tout à fait l'apprendre.

Ce que j'essaye de vous expliquer c'est que vous ne réussirez au poker que si vous êtes prêt à toujours remettre en question vos connaissances et vos capacités, et à constamment travailler pour améliorer votre niveau. La seule chose que vous devez amener, c'est la disposition à faire ce qui doit être fait. Et c'est ce qui doit être fait que nous allons évoquer dans la partie qui suit.

Application pratique

Après avoir vu quelles sont les conditions pour pouvoir réussir au poker, nous allons maintenant partir du principe que vous en disposez, ou êtes prêt à travailler dur pour les obtenir. Mais que faire maintenant ?

Postez des mains, des revues de session

Postez autant de mains que possible ! Postez autant de main que possible ! Postez autant de... Bon, je crois que vous avez compris le message. Il n'y a tout simplement pas de moyen plus simple et meilleur marché d'améliorer son jeu que de poster continuellement ses mains.

À quoi devez-vous faire attention lorsque vous postez des mains ?

  • Utiliser un outil de tracking comme PokerTracker 4, Holdem Manager 2 ou notre logiciel gratuit SideKick vous permet de consulter vos mains jouer et de les convertir facilement dans un format adapté au Forum.

  • Notez chaque main sur lesquelles vous avez des doutes, et analysez-les après coup, ou faites-les analyser. Même les winning player en mid et highstakes continuent à constamment se demander si ils ont bien joué telle ou telle main.

  • Il y a des analystes professionnels sur PokerStrategy, écoutez tout particulièrement leur avis.

  • Lisez vous-même souvent dans les forums d'exemple de mains. Ne gaspillez pas trop de temps et d'énergie à lire des textes qui ne vous apportent pas grand chose au niveau du jeu.

Travailler les articles

Travailler les articles ne signifie PAS lire les articles une fois. Travailler un article veut dire que vous devez le lire aussi souvent que nécessaire, jusqu'à ce que vous soyez en mesure d'en communiquer le contenu à un tiers.

Travailler signifie : résumer l'article, et résumer le résumé.

Travailler signifie : Chercher un article sur un sujet précis, et chercher des mains d'exemples qui s'y rapportent, dans le forum.

Travailler signifie : Mieux vaut lire un article plusieurs fois que plusieurs articles une fois. Car le deuxième phénomène est la base de ce qu'on appelle la semi-connaissance, qui au final ne sert qu'à augmenter les mains mal jouées.

Rester concentré / environnement de travail

Lorsque vous jouez au poker, vous devez ne faire que ça ! Et non pas jouer au poker en regardant la télé, ou en surfant sur Internet, ou en téléphonant à votre copine. Ce sont des facteurs qui amputent votre concentration. Veuillez lire l'article Comment rester concentré ?

Bien entendu, au départ, on ne voit le poker "que" comme un hobby. Mais peut-être certains d'entre vous jouent au foot en club, ou ont un autre hobby du genre. Et, lorsque vous jouez vos matchs officiels le week end, vous le faites en ayant les bonnes chaussures, et ne faites pas autre chose en jouant.

Vous devriez également avoir sous la main vos tables de mains de départ et de cote et outs. Le coup d'envoi est lancé quand vous postez votre premier big blind, et la partie n'est terminée qu'une fois que vous aurez quitté toutes les tables.

Bien entendu, il est important de prendre du plaisir en jouant, surtout au début. Mais si on est honnête avec soi-même, alors force est de reconnaître qu'on prend d'autant plus de plaisir lorsqu'on réussit à quelque chose que lorsqu'on échoue ou stagne. Je peux adorer le football (pour rester sur cet exemple) mais si je passe mon temps à cirer le banc dans mon club, alors je finis par perdre ma motivation et le plaisir. Et cela vaut pour tout ce qu'on entreprend.

Coachings

PokerStrategy offre à ses membres un programme complet de coachings publics. Que ce soit en NL, en SNG, en FL ou en tournoi, vous y trouverez de bons joueurs et pédagogue qui y partageront leur savoir en direct. Ces coachings sont gratuits. En tant que joueur motivé, il n'y a aucune raison de ne pas y prendre part RÉGULIÈREMENT.

Vous pouvez également demander aux coaches de vous donner des coachings privés, à des prix assez intéressants. Vous ne devriez d'ailleurs pas considérer cela comme une dépense, mais comme un investissement dans l'entreprise "Poker".

Admettons que vous preniez une heure de coaching privé toutes les deux semaines, pour 50 $ par mois. Vous jouez en Fixed Limit 1/2 $, environ 500 mains par jour, soit 15.000 mains par mois. Mettons que votre coaching régulier vous permette de découvrir un petit leak, et que cela vous fasse économiser environ 0,2 BB par 100 mains, alors vous faites un gain léger de 5 BB à la fin du mois, en soustrayant les 50 $ du coaching, s'entend.

Dans cet exemple, j'ai volontairement pris des petites valeurs. En général, on joue plus de mains, et, en tant que débutant, des coachings permettent de corriger bien plus que 0,2 BB/100.

Je souhaiterais également vous mettre en garde contre un phénomène que l'on voit assez fréquemment : un joueur a, grâce à un upswings, une bankroll supérieure à celle qu'il devrait avoir avec ses connaissances, il a eu de la chance (voir premier chapitre). A ce moment là, il aurait le capital pour pouvoir prendre des coachings privés. Mais pourquoi le faire ? Son succès semble lui donner raison (il est toujours dur d'admettre que lorsqu'on réussit, c'est surtout qu'on a eu de la chance). Mais, une fois que la réalité a repris le dessus, sa bankroll est à nouveau redescendu à son niveau de connaissances, et il ne peut plus prendre de coaching privé. Il n'a pas bien exploité l'avantage offert par le upswing, et doit tout recommencer - tout seul.

Pourquoi parler explicitement des coachings privés ? Il y a deux possibilités de dépenser ses gains, en dehors de la possibilité de les laisser dans votre bankroll pour monter plus vite dans les limites.

  • Faire un cashout, et s'acheter quelque chose. Dans l'article Gestion de la bankroll avancée nous vous expliquons en quoi c'est souvent une erreur, et parfois une bonne chose.

  • Investir de l'argent dans un livre de poker, ou un coaching privé.

Je recommande avant tout le coaching privé, car les coachs ont le savoir disponible dans la plupart des livres, et peuvent vous l'aider à l'appliquer dans votre jeu.

En résumé

Vous avez vu les points essentiels qui distinguent un joueur à succès d'un joueur qui échoue. La raison pour laquelle peu de joueurs réussissent vraiment au poker est la suivante : il faut être prêt à investir beaucoup de temps et de travail dans l'amélioration de son jeu, sans pour autant recevoir de récompense immédiate. Ceux d'entre vous qui sont prêts à le faire, auront peut-être à terme la bonne surprise que ce hobby devienne bien plus qu'un simple passe-temps. Et peut-être cet article en aura-t-il posé les fondations chez certains.

Ceux d'entre vous qui sont, par ailleurs, prêts à travailler les qualités profondes d'un joueur, évoquées dans la première partie, n'en profiterons pas qu'au poker.

 

Commentaires (27)

plus récent en premier
  • Ichigooooooo

    #1

    Article, très intéressant, je me reconnais dans la catégorie du joueur qui est monté assez vite, et a eu exactement tous les torts décrits... Je confirme, les gains sont repartis très vite. Encore j'avais eu la bonne idée d'en sortir une partie...
    Site vraiment sympa, qui permet de se fixer une rigueur.
    Conseils à suivre!
  • Maximessss

    #2

    Vachement sympa. Ça m'a donné envie de prendre un coaching privé tout ça ;)
  • Philmart

    #3

    Excellent !!!
  • YunYammka

    #4

    Sympa en effet. Ca ouvre les yeux : on n'a pas d'excuse, ce serait trop facile.
  • gege91

    #5

    En résumé quand on perd, c'est que l'on joue mal et quand on gagne,c'est que l'on a de la chance :-)
    Je plaisante, article très intéressant.
  • Arcadien

    #6

    Article intéressant, je me retrouve d’ailleurs dans le profil de joueurs aillant monté sa bankroll rapidement, et jouant à des niveaux de blinds trop importants par rapport à mon expérience (niveau).
    Dans le premier mois de mes débuts, je ne jouais que des MTT (1500- 2000 joueurs) et j’ai finis deux fois dans la table finale (dont une fois deuxième).
    Ma Bankroll est passée de 20€ à plus de 1500€.
    Depuis elle redescente doucement mais surement, je suis actuellement à environ 500€.
    Et donc contrairement à la normal, ma progression vat dans le sens de la descente de niveau de Blinds.
    Et me voici dans la communauté de poker strategy. Pour repartir dans le bon sens.
    Remarque : Cela perturbe un peu de n’avoir plus que 50$ sur sons comptes.






  • brigade75

    #7

    cool ce petit article
  • loulou79

    #8

    Artcile riche et très motivan je trouve. Je suis tout nouveau sur ce site, et dans le por aussi d'ailleurs. Et ce site m'aide beaucoup, je pense etre passé de gros gros looser à gros looser :)
  • titi40120

    #9

    Pas d'accord sur certains points.Au poker il y a des fous sans respect de l'argent.Cette main je sais pas ou elle est mais le site c'est winamax.Je vais essayer de l'expliquer au mieux. Tournoi 9-10 joueurs/table,22$.QQ BB, tous le monde se couche sauf SB, qui call.Un bon 4bet et je suis payé.1ere analyse petite paire ou hauteur roi.Flop 2-7-4. X bet all-in,qui est quand meme environ 3x le pot.Confiants, je call, on voit les cartes QQ vs KJo, turn K, river K.Ou est mon erreur?? Et se faire cracker les AA par KK apres moultes sur-relances? Donc est-ce que je doit fold QQ et AA? Je joues environ 8-12 mains sur 100,je respectes les relances et les joueurs.Apres j'affirmes que l'algorithme de distribution des cartes n'est pas crédible et faussé.Explication: l'id mélange et distribue les cartes, mais c'est le flop, turn, et river ou sa coince. Le flop est issue du hasard du reste du paquet idem turn et river sans cartes brulées bien sur. l'id sort les cartes qu'il veut et a une emprise sur le jeu.Enlever les 3cartes qui doivent etre brulées, on obtient un facteur %x.Sans les brulées on a un facteur %y.Quel est celui qui est mathémathiquement le plus précis???Alors? c'est ou le loto?
  • djconnexion

    #10

    article sympa, et je suis tout a fait d'accord sur le fait qu'on joue mal la mains.

    pour prendre l'exemple ci-dessus de titi40120 il aurait peut être fallut faite un 5 ou 6 bet au lieu du 4 et la la personne ne serait pas venue voir le flop.
    je ne sais plus si c'est ici ou sur un autre site mai j'ai lu quelqu'un qui a fold c'est AA par rapport a la conjoncture de la table, j'avoue que moi même c'est une main preflop que je lâcherai difficilement mais bon defois il vaut mieux évite de jouer au loto comme dit titi que de tenter ça chance.
    en tous cas ce qui est sur c'est que le les situations extrême que l'on rencontre online nous serviront en live car elle sont moins fréquente.
  • tontonfrance

    #11

    merci pour l'article
  • oxsniper

    #12

    Tres bonne article ! c'est comme ca au poker dans la vie de tou les jours et dans tout les sports !
  • db998

    #13

    premier article lu de bout en bout et avec délices. On dirait du Krishnamurti. J'aurai aimé pouvoir l'écrire celui-là. Rangé direct dans les favoris pour référence et relecture fréquente car certains des concepts exposés, pourtant simples et universels, mettent si longtemps à sédimenter et se transformer en de bons réflexes. Ego quand tu nous tiens... Mes 0.02 : moralité, le poker c'est difficile pour les gamins de 20 balais sauf exception exceptionnelle et naturel pour les gens comme moi, non, pas les papis, les gens dans la force de l'âge, blanchis sous le harnais. Non? c'est pas ça? bon, je sors et je relis.
  • grgbpm

    #14

    @ #5
    non, nous perdons les mains mal jouées, et nous gagnons grâce aux erreurs adverses.
  • shiroi

    #15

    #14
    +1
  • burnedsyn

    #16

    @ 14 et 15
    #5 plaisantait voyez la ligne en dessous
    en tout cas cet article est excellent et très vrai.
  • Wiegraf

    #17

    Très bon article, j'avais un chef qui disait "les mauvais cherchent des excuses et les bons cherchent des solutions." Je l'ai pris très mal sur le coup (sans m'énerver bien sûr) mais au final, ça a modifier ma façon de voir les choses et m'a apporté énormément dans tous les domaines. Cet article me l'a rappelé, merci pour ça.
  • kranrasta

    #18

    Merci pour cette article :)
  • FearMyPower

    #19

    Bel article.
  • misterdjul

    #20

    Je suis d'accord avec #9.
    Certes, on peut très bien jouer une main, mais n'oublions pas quand même le facteur chance. Et quand il s'acharne, on s'énerve, on tilt. C'est seulement ce tilt qui amplifie le downswing.
    Donc, la 1ère solution lue ici, serait de quitter la table... OK, pour le NL, mais quand on est engagé dans un tournoi, on fait comment ?
  • ouiouidac

    #21

    Très bel article.
    Merci !
  • beatstrackerz

    #22

    tres bon article

    petite erreur rien de majeur on comprend bien
    la derniere phrase du paragraphe au dessus de EN RESUMÉ mentionne :
    et peuvent vous l'aider à l'appliquer dans votre jeu.
    alors qu'en fait c'est peuvent vous aidez à l'appliquer dans votre jeu.
  • fabze

    #23

    Merci pour cette article qui fais ouvrir les yeux et se remettre en question.
  • ethanol94

    #24

    Premier article de la catégorie Psycho très prometteur pour la suite ;-)
  • ZULCA

    #25

    Très bien comme article moi qui ne lis pas beaucoup vous m'avez donné l'envie de lire la suite merci
  • ladycoookie

    #26

    Excellent article! Super bien écrit en plus. Les comparaisons sont très explicites, et puis c'est encourageant de se dire que même si on est bête, à force de travail on peut devenir bon au poker... ben quoi?
  • VincV

    #27

    Merci, super article.