Comment Maria Konnikova est devenue une championne en 10 mois

Nous parlons avec l'auteur qui a gagné le PCA National Championship moins d'un an après avoir commencé à jouer sous la tutelle d'Erik Seidel.

Maria Konnikova at the PCA
Maria Konnikova

Félicitations pour cette énorme victoire. Quand vous avez commencé ce projet (apprendre le poker pour votre livre qui va sortir The Biggest Bluff) il y a moins d'un an, vous avez dû secrètement espérer que quelque chose comme ça pourrait constituer le dernier chapitre ?

Maria Konnikova : C'était l'idée, je ne savais pas si j'allais réussir mais je me suis donné tous les moyens pour y arriver. J'ai juste énormément travaillé pendant un an. J'ai travaillé tous les joueurs entre cinq et six heures à étudier le poker donc c'est une belle récompense d'en arriver là.

A quoi ressemblaient ces six heures d'étude par jour ?

Maria Konnikova : J'ai beaucoup varié les plaisirs en fonction de ce sur quoi je travaillais à ce moment là. Ce fut en partie des études de mains où je notais les mains jouées en tournoi pour qu'Erik et moi les analysions. J'ai aussi reçu l'aide de Phil Galfond pour analyser mes plays en ligne. J'ai regardé d'autres personnes jouer, beaucoup de stream live avec les meilleurs joueurs. J'ai travaillé avec des logiciels comme PioSolver, j'ai lu beaucoup de livres et visionné beaucoup de vidéos de coaching. Je suis aussi très chanceuse d'avoir eu accès à beaucoup de coachs auxquels je pouvais poser des questions.

"Je ne connaissais pas les règles il y a un an"

Maria Konnikova and Erik Seidel
Maria avec son coach Erik Seidel

Quelle était votre perception du poker avant ce projet ?

Maria Konnikova : Je ne connaissais pas du tout le poker ni les joueurs avant de lancer ce projet, j'en avais juste entendu vaguement parler. Je ne savais pas jouer, je ne connaissais pas les règles, je ne savais même qu'il y avait différentes variantes de poker. J'étais vraiment très étrangère à ce monde.

J'ai d'abord commencé à jouer sur des tournois à très petits buy-ins – l'un des trucs qu'Erik m'a appris, c'est le bon management de bankroll, donc je n'ai jamais joué au-dessus de mes moyens ou de mon niveau – donc j'ai commencé à jouer des petits tournois à 60$. Erik m'a dit que tant que je ne gagnais pas, je ne pourrais pas monter en buy-in. Les autres joueurs étaient vraiment mauvais, je me suis beaucoup fait harceler, ce n'était pas un super environnement, mais quand je suis monté aux enjeux supérieurs, je me suis aperçue qu'il y avait des joueurs sympas et talentueux qui m'encourageaient. Les joueurs de Super High Roller sont une classe à part, ce sont des gens brillants qui pourraient réussir dans n'importe quel domaine et ils ont été vraiment super sympas, chaleureux, intéressants et m'ont beaucoup soutenue.

La plupart du temps, quand un auteur finit un livre, il passe au suivant. Serez-vous encore joueuse de poker après la fin de votre projet ?

Maria Konnikova : J'ai développé une vraie passion pour ce jeu, je me vois bien continuer à jouer au poker mais cela étant dit, je suis un écrivain et je n'arrêterai jamais de l'être. Si je continue à bien me débrouiller, je peux envisager de trouver un équilibre entre l'écriture et les voyages sur les tournois de poker mais pas autant qu'en ce moment parce que mon programme est bien chargé. Si je pouvais jouer un tournoi tous les quelques mois, cela resterait gérable.

Il y a une perception du poker comme quoi le bon temps est terminé et que le jeu est maintenant trop difficile pour être profitable pour les nouveaux joueurs, qu'en pensez-vous ?

Maria Konnikova : Je ne savais pas que la difficulté avait augmenté parce que je n'avais jamais joué avant donc je n'en sais pas plus. J'ai réussi à quasi toujours être dans l'argent, j'ai vite progressé. Je dois toujours insister sur les gros efforts que cela implique, j'ai travaillé beaucoup plus dur sur le poker que sur la plupart des choses dans ma vie. Je pense que les gens n'ont pas envie de travailler dur parce que c'est juste un jeu et bien sûr, c'en est un mais c'est aussi un métier et vous devez vous y consacrer à 100%. Si vous avez cet état d'esprit et que vous être prêt à y mettre le temps qu'il faut, il y des tonnes de ressources pour vous améliorer et beaucoup d'entre elles sont gratuites.

"Chaque table de poker est un microcosme de la vie"

Maria Konnikova PCA
Venez rencontrer Maria au $25,000 PSPC l'année prochaine

Avoir écrit deux livres auparavant a dû être un avantage dans votre étude du poker vu qu'il y aussi beaucoup de recherche longue et compliquée dans le processus ?

Maria Konnikova : Tout à fait, en tant qu'écrivain, on se doit d'être patient et de faire beaucoup de recherches, cela prend beaucoup de temps et de travail. Cela m'aide aussi au poker en live parce je sais bien rester silencieuse et observer les gens parce que c'est ce que je fais en tant que journaliste quand j'essaie de capturer la personnalité des gens et de découvrir qui ils sont.

Vos deux livres précédents sont Mastermind: How to Think Like Sherlock Holmes et The Confidence Game – est-ce que des leçons reçues au cours de leur écriture vous ont aidée autour des tables de poker ?

Maria Konnikova : Absolument, le premier livre se concentrait majoritairement sur l'observation, faire attention à ce qui vous entoure. Le second était sur la perception et pourquoi les gens croient à certaines choses ce qui m'a permis de mieux lire les joueurs et de déterminer s'ils avaient une main forte ou un bluff.

Que vous a appris le poker au-delà du jeu en lui-même ?

Maria Konnikova : C'est le thème principal de mon livre, cela me prendrait des heures pour vous répondre. Il m'aide à analyser des situations et à prendre des décisions pour un tas de choses, comme les relations personnelles ou des décisions pour mon business. Chaque table de poker est un microcosme de la vie au niveau des interactions sociales. Le poker fait ressortir votre personnalié, j'ai appris beaucoup de choses sur moi-même dont je ne soupçonnais pas l'existence.

Au final, la cerise sur le gâteau de ce projet a dû être le gain du $25,000 Platinum Pass ?

Maria Konnikova : Je suis très enthousiaste pour ce Platinum Pass parce que jamais je n'aurais cru pouvoir un jour participer à un 25k$. Ce sera le tournoi au plus gros buy-in que j'ai jamais joué, je suis très heureuse de cette opportunité, je pense que ce sera un super tournoi.

Maria Konnikova est une écrivain et une ambassadrice PokerStars. Son livre sur le poker The Biggest Bluff sortira en 2019 mais vous pourrez la suivre d'ici là sur son site Web.

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Commentaires (18)

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  • Herode

    #1

    Avec Seidel et Galfond comme coach, rien d'étonnant.
  • filemoitatune

    #2

    Je dirai qu'avec l'argent on peut y arrivé ;) .
  • vins12

    #3

    Magnifique projet
  • wcop

    #4

    j ai commencé a jouer des petits tournois a 60$....
  • wcop

    #5

    ha ok c etait en live j ai rien dit
  • filemoitatune

    #6

    j'aimerai aussi pouvoir faire des tournois a cette limite :) ,
    nous n'avons pas les memes valeurs ;) LOL .
    gl
  • remi07200

    #7

    Gg
  • djolevek

    #8

    j'ai l'impression que si on veux on peux...faque je vous le confirme les freerolls c innutileeee
  • Tataouinage

    #9

    Bah je ne dirais pas inutile... ca renforce la discipline de jeu..
  • Meebun1985

    #10

    Bravo.
  • fulgator13

    #11

    Gg a elle 👍
  • Flomme740

    #12

    Trops forte et trops belle On est foutu XD
  • Scoun

    #13

    ok
  • Ludovic62630

    #14

    Ok
  • austrax12

    #15

    10 mois? Pfff trop facile. Je vais te faire pareil en 5.
    Sans vouloir vendre la peau de l'ourse sans l'avoir tué, le poker, c'est un jeu avec des cartes?
  • Karedott

    #16

    Belle performance,👏 maria
  • Qu3b3coiss

    #17

    Nice
  • bourdona

    #18

    Félicitation à vous Maria. C'est exact ce qui a été dit que si on veut, on peut même si on n'est pas encore doué au début. J'espère remporter une grande victoire comme elle un jour, hahahaha