Introduction
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par Thorsten77 |
Introduction :
Par
lecture des mains, on entend la capacité à mettre son
adversaire sur un éventail de mains. Beaucoup de débutants
commettent l'erreur d'essayer de mettre leur adversaire sur une main
en particulier : "Il mise fort, il a sûrement JT et vient
de toucher sa quinte". Dans la pratique ceci est totalement
irréaliste. En règle générale on peut
seulement dire que l'adversaire jouerait certainement comme ça
avec un éventail de mains composé de différentes
mains de départ – et c'est justement ce en quoi consiste la
lecture des mains.
Mieux nous lirons les mains adverses, plus
nos gains seront importants. Une bonne évaluation de
l'éventail de mains adverse permet d'une part de coucher
rapidement des mains qui ont peu de chances de succès dans une
situation donnée. Mais l'effet positif se répercute
également au niveau des value bet : plus notre représentation
de l'éventail adverse est correct, plus nous pourrons
rentabiliser notre main à l'aide de mises appropriées.
Les facteurs importants
Le jeu préflop
: On peut se faire une très bonne idée du style de
jeu préflop à l'aide des statistiques VPIP et PFR.
Examinons par exemple deux différents types de joueurs. Les
stats du joueur A sont 10/2, celles du joueur B 20/15. Si le joueur A
relance, il a généralement une main forte. Le top 3%
des mains en equity est composé de 99+, AKs. On devra certes
souvent adapter cet éventail – par exemple en FR aux limites
les plus basses, les adversaires auront plutôt tendance à
relancer AKo et à limper avec 99. Mais on peut cependant
mettre l'adversaire sur un éventail serré
essentiellement composé de bonnes cartes. Intéressons-nous
maintenant au top 15% des mains en equity (il faudrait là
encore adapter quelque peu cet éventail, mais nous nous
intéressons seulement ici à l'ordre de grandeur) : 77+,
A7s+, K9s+, QTs+, JTs,ATo+,KTo+,QJo. Nous voyons que l'adversaire va
également relancer avec des mains marginales – il n'aura
donc pas toujours forcément une bonne main de départ.
La
position : La position représente un 2ème facteur
important. Tout joueur qui sait un minimum jouer en NL ne jouera pas
ses mains de la même façon en début ou en fin de
parole. On joue typiquement beaucoup plus tight en début de
parole qu'en fin de parole. On peut donc adapter les éventails
en conséquence. Si notre joueur A relance en début de
parole ce sera souvent avec QQ+, AK. En fin de parole il devient
également un peu plus loose et on retrouvera dans son éventail
des mains telles que AQ, KQ ou éventuellement AJ.
L'action
: L'action d'un joueur va influer sur les éventails des
joueurs qui parlent après lui. Si par exemple quelqu'un
relance et que le joueur B sur-relance après lui, on peut
penser que même si son éventail reste large, il sera
plus réduit dans le cas d'une sur-relance. On peut ici par
exemple exclure des mains telles que KTo/KJo – en règle
générale il ne jouera pas reraise avec ces mains étant
donné qu'elles ne sont pas assez fortes et ne présentent
pas une bonne jouabilité post-flop.
Autres facteurs
: Il existe bien entendu plein d'autres facteurs, qui
interviendront d'autant plus qu'on joue à des limites élevées.
Un bon joueur prendra par exemple en compte les adversaires qui se
trouvent derrière lui. Il aura alors tendance à
open-raiser moins souvent avec des mains faibles si derrière
lui se trouve un adepte du call, car il se retrouvera alors trop
souvent dans l'obligation de joueur OOP avec une main marginale.
Autre exemple, si quelqu'un relance derrière un joueur qui a
posté un blind ailleurs qu'au BB, cela traduit souvent un
éventail un peu plus loose étant donné que
beaucoup de joueurs tentent de voler ce dead money. On doit également
de la même façon observer quels joueurs sont déjà
entrés dans le coup. Si un joueur très loose open-raise
et qu'un autre joueur 3-bet, alors l'éventail du 3-bet est
beaucoup plus large que si le premier relanceur avait été
un joueur tight.
Utilisation de la lecture des mains dans
le jeu
En cours de jeu, chaque action devrait être
précédée d'une lecture des mains adverses. Cela
peut sembler beaucoup de travail dans un premier temps, mais cela va
s'automatiser peu à peu et on sera ensuite capable de
reconnaître des éventails standard face auxquels il
existe également des actions standard. Avant de jouer fold,
check, call ou raise, on devrait toujours réfléchir aux
mains possibles de l'adversaire. Pour chaque main appartenant à
cet éventail on peut alors se demander comment jouer au mieux
sa propre main. Prenons le cas où le joueur A relance depuis
le début de parole, alors que nous avons JJ au BU. Tous les
autres joueurs se sont couchés. Du fait de son éventail
très resserré, un 3-bet ne présente ici que peu
d'intérêt : il ne couchera pas QQ+, AK et nous ne sommes
en aucun cas favoris face à cet éventail. Nous pouvons
cependant ici tout à fait suivre en étant presque sûrs
de destacker notre adversaire avec son overpair si nous touchons
notre set. Nous pourrons de plus tout à fait tenter un float,
à savoir suivre son continuation bet sur le flop et miser en
cas de check de sa part sur le turn (si aucun A ou K ne vient à
tomber). Si c'est par contre le joueur B qui relance il le fera avec
un éventail encore relativement large. Nous sommes donc en
tête contre son éventail et de plus un 3-bet nous permet
de prendre l'initiative – contre un tel joueur je relancerais
toujours avec JJ.
Il est très important sur le flop,
turn, river de continuer à restreindre l'éventail. On
doit alors se demander si telle ou telle action est envisageable de
la part de l'adversaire avec telle ou telle main ou bien si au
contraire il ne jouerait jamais ainsi. Par exemple un set touché
sur un tableau 7 8 9 bicolore dans un pot multiway ne tentera jamais
de slowplay. Si un adversaire se contente de suivre un bet, il est
beaucoup plus probable qu'il soit à tirage – avec un set on
devra toujours protéger sur un tel board.
Un
dernier point très important est de faire évoluer cet
éventail après chaque action. Imaginons que nous ayons
99 sur un flop K72 rainbow. L'agresseur préflop contibet et
nous suivons. Un 2 tombe sur le turn – une très bonne carte
pour nous. L'adversaire checke et nous misons car nous nous voyons en
tête et souhaitons protéger notre main contre des
overcards. Il répond par un raise. Même si nous nous
sommes vus en tête dans un premier temps, son action nous dit
autre chose : pas seulement que nous avons été relancés
– le c/r est un move relativement fort, qui n'est généralement
utilisé aux tables full-ring qu'avec des très fortes
mains. Si on n'a pas TPTK on peut coucher sa main contre un
adversaire standard sans le moindre état d'âme.
En
résumé
Il est primordial de savoir quelles
pourraient bien être les cartes de notre adversaire afin
d'opter pour la décision optimale. Est-ce que nous pouvons
arracher le pot sur un move ? Est-ce que nous devons protéger
une main marginale ? Est-ce que nous devons pusher sur la river avec
la nut ? Toutes ces questions nécessitent des informations sur
la main adverse. En essayant de mettre l'adversaire sur un éventail
toujours plus exacte en fonction de toutes les actions sur les
différentes streets, on pourra alors savoir quelle est la
meilleure action dans chaque situation et ainsi mieux jouer contre
notre adversaire.
#1
gouffy76, 07/04/08 22h31
très bien